Histoire du CPSJ de 1900 à 1910

Histoire du CPSJ de 1900 à 1910

CPSJ en 1929

La fanfare de Saint-Jean était très active dans la communauté. En effet, elle donnait des concerts à tous les mardi durant les semaines d'été et ce, de 1899 à 1903. Ceux-ci étaient gratuits. Ils se déroulaient dans les parcs de la ville, plus particulièrement au parc Laurier, près de la gare du Canadien Pacifique. Cette activité n'était qu'un reflet des différents engagements que prenaient le Cercle Philharmonique.

En février 1902, le Cercle participe à une grande soirée dramatique et musicale organisé par la Ligue des jeunes gens de Saint-Jean. Cette soirée donna peut-être quelques idées au directeur de la fanfare, M. L. N. Boisvert, puisque celui-ci fît l'acquisition de la Ligue un an plus tard, en février 1903. Il avait l'intention de réorganiser cette institution sur des bases solides, en s'adjoignant des actionnaires et en faisant différentes modifications aux magnifiques salles de ce lieu d'amusement. Avant longtemps le club de la rue Jacques-Cartier ouvrira ses portes à de nouveaux membres et sera une des organisations sociales les plus parfaite de notre ville.

En 1902, le Cercle (n'est pas encore nommé le cercle à ce moment là) se signala à Montréal en remportant un premier prix lors d'un concours de fanfare au célèbre Riverside Park. La fanfare de Saint-Jean remporta d'ailleurs plusieurs prix au fil des ans, notamment en 1919, à Burlington, où elle remporta le premier prix devant plus de 50 autres formations de tout l'Est nord-américain. Elle représentait fièrement sa ville tant au Canada qu'aux Etats-Unis lors de différentes festivités, que ce soit sous la forme de parade ou de concert.

Le 23 février 1906, la réorganisation de la fanfare de Saint-Jean est annoncée en première page du journal local. On y mentionne qu'une assemblée des organisateurs de la nouvelle fanfare de Saint-Jean a eu lieu au bureau de Me Lussier, notaire. On y fit l'élection d'un comité d'organisation dont les membres étaient, M. Pierre Bouchard, président ; M. Flavien Carreau, vice-président ; M. Aimé Lussier, secrétaire ; MM J. N. Boisvert, Hercule Biron, Henri Biron, H. M. Domina et B. Simpson, directeurs. Il fut ensuite décidé de passer des listes de souscription dans la ville afin d'obtenir l'aide des citoyens pour l'achat d'instruments de musique etc. Le Canada Français, journal local, faisait également pression sur la ville pour qu'elle offre une meilleure subvention à sa fanfare, qu'il considérait comme une nécessité dans une ville de progrès, soucieuse de relever le moral de ses habitants. C'est ainsi que l'aventure du Cercle pris son envol. La souscription réunit 700$, mais il faut 1900$ pour le fonctionnement de la fanfare.

Au début du mois de mars 1906, le Cercle passe une commande pour ses instruments de musique à Charles Lavallée, de Montréal, représentant de la célèbre maison Besson de Londres. Le Cercle poursuit son financement en organisant un concert bénéfice à la salle de l'hôtel de ville durant la mi-carême ainsi qu'une tombola au profit du Cercle au mois d'avril. Le printemps de 1906 voit se réorganiser la fanfare à la plus grande joie des amateurs de musique de Saint-Jean. La fanfare participe de plus belle aux diverses fêtes religieuses : la fête de Saint-Joseph, à la Fête-Dieu ainsi qu'à la fête de la charité organisée par les dames de la charité. Les concerts d'été reprennent aussi dans les kiosques nouvellement refais dans les parcs de la ville. Cette année-là, le Cercle se voit également invité à prendre part aux festivités du 4 juillet à Swanton, aux USA.

L'automne et l'hiver 1907 sont jalonnés de concerts donnés par le Cercle. Effectivement le Cercle se produit en concert, à raison d'une fois par mois au cours des mois de novembre, décembre, janvier, février, avril et mai. Le Cercle participe à la Fête-Dieu, joue à l'occasion d'un « Bonnet Hop » organisé au Club Nautique de Saint-Jean pour la fête de Victoria, participe aux célébrations de la fête de la Confédération et donne un concert pour l'Association Athlétique. En juin 1907, au moment de commencer les concerts d'été, le conseil de ville fait passer le montant accordé à ces concerts de 300$ à 100$. Le Cercle Philharmonique refuse ce montant ainsi que de jouer durant l'été. Le Cercle donne tout de même trois concerts gratuits à la fin de l'été, en plus de remporter un éclatant succès à l'exposition de Sherbrooke de septembre 1907. Le Cercle organise une croisière sur le Richelieu, jusqu'à Plattsburgh dans l'État de New York. Il s'agissait d'une excursion au clair de lune sur le vapeur Ojibway.

Au début de l'année 1908, le Cercle participe à l'inauguration de l'hôtel Nationale de M. Narcisse Lord. En février, il participe au concert de l'Association Athlétique, une grande mascarade. À la fin de mars, le Cercle organise son premier concert de l'année incluant de la musique et du chant par des amateurs de talent de cette ville et de la métropole. Ce concert attire plus de 500 personnes. Un autre concert est prévu pour le 12 mai au théâtre Royal. Ce concert contenait de nombreux morceaux descriptifs avec des participants, tels que des militaires, des jongleurs et des chanteurs.

La dernière saison ayant été chambardée par la diminution de l'octroi municipal au Cercle, une requête, signée d'un grand nombre de citoyens, est présentée à l'assemblée du conseil au sujet de la demande faites à la ville par le Cercle, d'une subvention de 300$ pour concerts en plein air dans nos parcs publics durant la belle saison. Depuis la réorganisation de la fanfare, cette somme avait été allouée jusqu'à l'an dernier, soit jusqu'à ce que le conseil de ville, pour des raisons d'économie, jugèrent à propos de rayer cet item du budget municipal. Cette requête a été déposée afin de connaître l'opinion du nouveau conseil à ce sujet. Les citoyens mentionnent dans cette requête que, selon eux, la ville de Saint-Jean a le devoir d'encourager d'une façon convenable une organisation municipale qui lui a fait honneur dans le passé et dont les brillants succès n'ont pas peu contribué a maintenir sa réputation de centre artistique et intellectuel. Un premier concert fut donné le 28 mai, à la patinoire de l'Association Athlétique. Malgré l'insistance du public et du journal local, la ville refuse, pour une seconde année, l'octroi d'un prêt pour qu'elle puisse donner des concerts dans les parcs municipaux. Qu'à cela ne tienne, le Cercle participe à de nombreuses fêtes, comme la Fête-Dieu, la Saint-Jean-Baptiste, la fête du Dominion, la fête du travail, le festival des musiques d'amateurs de Saint-Jean et même un rassemblement politique aux États-Unis. La fête du 24 juin s'est déroulée à Sherbrooke, cette ville les ayant engagés, alors que les démonstrations politiques se déroulaient à Swanton et à Saint-Albans. Profitant de l'exposition provinciale de chevaux canadiens, au mois de septembre, le Cercle donne un concert avec les autres fanfares amateurs du Québec.

L'année 1909 commence alors que rien n'est assuré en vue des concerts d'été car rien n'est encore conclu avec la ville. Selon le journal local, les citoyens de Saint-Jean voulaient adresser une autre requête au conseil de ville, en vue d'engager nos édiles à accorder une subvention annuelle à notre fanfare. En juillet de cette même année, la fanfare est allée jouer à Plattsburgh où elle a été acclamée par les citoyens. Tous ceux qui ont assisté au concert donné par la fanfare ont déclaré que la ville de Saint-Jean possédait un corps de musique composé d'artistes. Au mois d'août, la fanfare reçoit l'orchestre de Sousa. Rappelons que les frères Napoléon et Norbert Boisvert furent membres de ce prestigieux orchestre et que Sousa a été surnommé le roi des directeurs de fanfares militaires lors d'une tournée en Europe. D'autres célébrités musicales l'accompagneront telles que les sœurs Hoyt, soprano et mezzo soprano, Mlle Hardeman, une des plus fortes violoniste du monde entier ; M. Herbert L. Clark cornettiste virtuose. Cette fanfare est tellement renommée que le Canada Français ne lui reconnaît de supérieur que la musique de la Garde Républicaine de Paris. Quinze cent personnes se sont déplacées pour entendre l'orchestre, qui fut un succès autant artistique que financier.

À l'assemblée annuelle des membres du Cercle Philharmonique de Saint-Jean de janvier 1910, Le Cercle décide de faire appel à tous les jeunes gens qui ont des dispositions pour la musique afin de les préparer à joindre la fanfare dont ils rempliront les cadres à mesure que le besoin se fera sentir. Il y a déjà plusieurs anciens membres qui devront être remplacés. Un concert est prévu pour la Saint-Patrick à l'hôtel de ville, sous la présidence de M. James O'Cain, ancien maire de Saint-Jean et, entre temps, le Cercle participe aux fêtes de la charité en février.

L'été 1910 est une fois de plus témoin des concerts du Cercle dans les parcs de la ville. La fin de l'été amène cependant son lot de mauvaise température, forçant le Cercle à annuler les spectacles prévus le 19 et le 28 août au Parc Marchand. Le Cercle pourra se reprendre durant l'automne, d'abord à l'occasion d'un concert en plein air au Parc Marchand le 2 septembre, puis par un Bonnet Hop organisé par le Cercle à son profit au Yacht Club le samedi 24 septembre et finalement lors d'un concert à l'Hôtel de ville le 27 octobre où il joue en compagnie d'Edouard Dufresne, un baryton de Montréal, de Mme Jacob Simard, pianiste et de Mlle Knight, chanteuse.

De plus, en septembre 1910, Montréal accueille le Congrès Eucharistique de l'Église catholique, Cette grande fête religieuse attire des catholiques de partout dans le monde. Le Cercle Philharmonique de Saint-Jean a été retenu pour la grande procession de ce congrès. Il y marchera avec de nombreux autres organismes. Auparavant, au mois d'août, le Cercle participe aux Régates annuelles de l'Association Canadienne de canotage au St-John's Yacht Club. Le Cercle s'occupe alors de la musique.